| | Le président vu de l'étranger | |
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Souricette Fondateur


 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1302
| Sujet: Le président vu de l'étranger Sam 1 Mar - 17:21 | |
| Sarkozy, ce grand malade
Pour le directeur adjoint d'El Pais, le président français « se vautre dans l'exhibitionnisme » et « rabaisse la République au niveau de Monaco ». Une charge violente contre un Sarkozy atteint d'une « incurable hypertrophie de l'ego ».
Les Français ont un problème. Ils croyaient avoir un superprésident, un hyperdirigeant capable de les sortir de la dépression et de la décadence, et voilà qu'ils ont écopé d'un président comme ils ont déjà connu beaucoup d'autres : à savoir malade, limitée, qu'il faut dorloter et protéger tout en s'organisant pour que la France tourne et que le gouvernement et les institutions fassent leur devoir. La situation n'a rien d'inédit : Pompidou et Mitterrand étaient déjà des présidents malades et diminués. Le premier est même mort avant la fin de son mandat. Quant à Chirac, il fut un obstacle paralysant pour une bonne partie de sa présidence. La maladie dont souffre Sarkozy n'a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touchent un organe vital s'il en est : l’ego. Celui du président est d'évidence atteint d'une hypertrophie probablement incurable.
Plus on s'approche du 9 mars, date du premier tour des élections municipales, plus la nervosité des candidats du parti présidentiel augmente, plus on redoute les interventions de Sarkozy, susceptible de faire perdre des voix à l’UMP. Le parti du chef de l'État est divisé à cause de tensions qu'il a lui-même créée. Le traitement qu'il a infligé en public aux uns et aux autres, y compris à certains de ses collaborateurs les plus proches, est digne du comportement d'un monarque bilieux et capricieux avec ses laquais. Même son actuelle impopularité est extravagante : elle ne s'explique pas par un train de réformes puisque ces dernières sont encore largement inappliquées. Elle s'explique uniquement par son comportement public.
Un triomphe de sultan, seigneur en son sérail
Le trône qu'occupe Nicolas Sarkozy a été imaginé par De Gaulle pour lui permettre d'être le troisième larron d'un monde bipolaire. Le président français voulait être fier contrepoids occidental dans l'affrontement entre Washington et Moscou. Sarkozy, arrière-petit-fils libéral et proaméricain de De Gaulle (après le petit-fils, Chirac et le fils, Pompidou), s'est installé sur le trône élyséen porté par son ambition personnelle et sa conception égotique de la présidence : il a par le fait encore accru les pouvoirs de la présidence. Et, une fois parvenu à ses fins, il s'est consacré à lui-même comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs. Certes, le pouvoir peut en apporter beaucoup, mais la prudence conseille de ne pas trop en faire étalage. Sarkozy le téméraire fait tout le contraire et se vautre dans l'exhibitionnisme.
C'est sur trois points précis qui est venu se briser le personnage : l'économie, qui n'a pas enregistré la moindre amélioration depuis son arrivée ; son idéologie plus néocons, voire « théocons », que gaulliste - en témoignent des prises de position sur la laïcité contraires à la culture de la République ; et sa vie privée, étalée dans les médias. En monarque thaumaturge qui par une simple imposition des mains devait augmenter le pouvoir d'achat, il a échoué au point de prononcer la formule maudite qui rompt les sortilèges : « Qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? » En monarque philosophe, il a manifesté les plus fortes réserves vis-à-vis des traditions républicaines, en exprimant avec désinvolture son affinité intellectuelle avec le pape. Il n'a pleinement triomphé que dans le rôle de sultan, seigneur en son sérail, paré des atours qui passionnent un certain public - et manifestement aussi ses pairs. Le voilà fasciné par son propre pouvoir de séduction, son goût exquis et sa défaite désinvolture. Mais ce triomphe-là a le don de déprimer beaucoup de Français car il abaisse la République au niveau de la principauté de Monaco.
Lluis Bassets, Madrid, El Pais _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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|  | | Souricette Fondateur


 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1302
| Sujet: Re: Le président vu de l'étranger Sam 1 Mar - 17:23 | |
| Il est à noter que les publicités pour le journal français, Courrier international, dans lequel cet article a été publié ont été retirées du métro par la RATP ? Sur ordre de qui, à votre avis ?  _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1302
| Sujet: Re: Le président vu de l'étranger Sam 1 Mar - 17:37 | |
| L'homme qui ne savait pas être président
Les Français sont trop sérieux ou trop convenables pour pardonner à Nicolas Sarkozy ses caprices. Ils ont le sentiment que leur pays en sort diminué.
L'effondrement de la côte de popularité de Nicolas Sarkozy n'est pas irréversible. Mais cette chute n'en témoigne pas moins, et à plus d'un titre, de l'image qu'ont les Français de leur propre pays. En surface, le problème de Sarkozy semble être que son hyperactivité n'a pas produit grand-chose. Soyons justes, il a tout de même réussi à désamorcer d'importants conflits sociaux qui avaient anéanti la volonté réformatrice du dernier mandat de Jacques Chirac
Mais le président français est aussi coutumier des annonces tonitruantes, des promesses à l'emporte-pièce que ses ministres sont ensuite chargés d'analyser pour les trouver au bout du compte inapproprié ou inapplicables. Et l'imbroglio Cécilia-Carla n'a rien fait pour arranger les choses, au contraire.
Personne ne lui reproche son que couple ait été en crise, ni même qu'il se soit remarié, mais l'étalage de tout cela dans les journaux du monde entier, dans un tourbillon de « pipolisation », comme on dit bizarrement en bon franglais, s'est révélé faire très mauvais effet. Car la France reste un pays très attaché à la bienséance. Un endroit où les nobles usages et la politesse permettent de marquer au quotidien une distance bien utile, tout en favorisant une courtoisie aussi indispensable qu'apaisante. La concierge et la boulangère sont systématiquement gratifiés d'un chère Madame* et des nouvelles de leur santé leur sont rituellement demandées. Les échanges de courrier avec le Trésor public ou un quelconque client se concluent toujours par une formule de politesse et de déférence dont les gradations et le bon usage sont expliquées à tout étranger (et à toutes les secrétaires). Nicolas Sarkozy a renoncé à être Monsieur le Président de la République*, sauf lorsque cette noble appellation se révèle opportunément intimidante ; dans les autres cas, il veut simplement être le type qui a un boulot à accomplir, à savoir tapoter les électeurs sur l'épaule, un dirigeant qui a gagné sa place au mérite, tout ça pour finir à la une des magazines qui Paul avec sa dernière -somptueuse-conquête. Tout cela ne colle pas, et les Français ont le sentiment que leur pays en sort diminué.
Car la France est un pays éminemment sérieux. Or les grandes décisions de politique étrangère -l'Afghanistan, l'Iran, les rapports de la France et des États-Unis, l’OTAN, Israël, les Palestiniens, ou encore le nom du futur président de l'Union européenne ou celui du prochain maire de Neuilly-sont toutes prises par Sarkozy sur le mode du caprice, sans préalable ni débat public. La situation actuelle est de celles que le président français semble avoir lui-même anticipées, voire redoutées : conquérir le pouvoir est une chose, en faire bon usage en est une autre. Au lendemain de son élection, il avait déclaré à la dramaturge Yasmina Reza : « j'ai rêvé d'être là où je suis maintenant. J'y suis. Et ça ne m'excite pas. C'est dur. Ça y est, je suis président. Je ne suis plus dans l'avant. » Nicolas Sarkozy se retrouve donc dans le « maintenant ». C'est peut-être là tout le problème, et un problème pour lequel il ne trouve pas de réponse satisfaisante.
William Pfaff,International Herald Tribune (extraits), Paris
* en français dans le texte. _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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|  | | Souricette Fondateur


 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1302
| Sujet: Re: Le président vu de l'étranger Sam 1 Mar - 17:41 | |
| Mario Soares se rebiffe
Dans une tribune publiée par le quotidien lisboète Diario de Noticias, l’ancien président socialiste du Portugal Mario Soares s'en prend avec violence au locataire de l'Élysée. « Six mois ont suffi pour que les Français, avec leur rationalisme cartésien, comprennent que l'erratique, tourmenté et imprévisible Nicolas Sarkozy sera certainement un désastre pour la France. L'exhibitionnisme qu'il pratique avec ses épouses successives est étonnant pour un chef d'État. Et son incapacité à tenir ses promesses, notamment en matière de pouvoir d'achat, explique qu'il ait perdu aussi rapidement la confiance des Français. Le mécontentement croissant de la droite, qui se sent trompés, et les élections municipales à venir feront le reste... Mais la perte de prestige de Sarkozy n'est pas bon pour l'Union européenne, malgré de ce malgré le peu de sympathie que l'on éprouve pour le personnage.
Courrier international _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1302
| Sujet: Re: Le président vu de l'étranger Sam 1 Mar - 17:50 | |
| Protocole
Le président, la reine et le cadeau de mariage
À Buckingham, Carla Bruni chantera-t-elle une chanson ? Et quel présent offrir à ce « jeune couple » tellement kitsch ?
Les 26,27 et 28 mars prochains [selon Buckingham Palace], lors de la visite d'État de Nicolas Sarkozy et de sa nouvelle épouse, Carla, en Grande-Bretagne, il faudra à Sa Gracieuse Majesté tous ses talents de diplomate pour les accueillir avec le sourire. Selon un proche de la cour, leur séjour chez les Windsor n'est pas sans inquiéter la famille royale. « Sa Majesté jouera la perfection son rôle d'hôtesse, comme toujours, mais il est indubitable que certains craignent que nous ne soyons utilisés comme décor d'exception pour le prochain épisode du soap opera du président français », me dit-on. Car les informations venues de France agacent de plus en plus Buckingham.
Une interview donnée récemment, Mme* Sarkozy a trouvé « grisante » l'idée de sa prochaine rencontre avec la reine, avant de décrire le couple qu'elle forme avec le président français comme vivant « up tempo »[ « Les amoureux, on le sait, ont leur propre temps. Le nôtre est [i]up tempo », interview dans[/i] L’Express du 13 février 2008].
Dans une autre publication, on apprend par ailleurs qu'elle souhaiterait emporter sa guitare pour jouer à la souveraine une chanson qui dit notamment « Mon monde est meilleur quand tu es avec moi parce que tu es ma reine ». Selon un informateur, Elizabeth II n'est pas particulièrement enthousiasmée par la récente union de Nicolas Sarkozy et a décidé de ne pas envoyer de cadeau de mariage, ce qui pourrait bien être jugé méprisant, surtout à la veille d'une visite officielle.
Dans le monde de la symbolique royale, on cogite aussi intensément sur ce que pourrait être le cadeau de bienvenue offert au président français. Comme l'explique un porte-parole, « il n'est pas dans les habitudes de la reine d'offrir des cadeaux de mariage lorsqu'elle ne connaît pas perçu une personnellement les mariés. Et nous n'avons pas encore décidé de ce que nous offririons au couple présidentiel à son arrivée à Londres. » Le premier jour sera le moment le plus délicat de la visite, la reine devant recevoir le président et la première dame pour un déjeuner privé. Ensuite, le protocole reprendra ses droits pour régir plus strictement le déroulé des événements. Et puis, si Carla finit vraiment par sortir sa guitare, au moins sait-on que Sa Majesté est passée maîtresse dans l'art d'accueillir avec courtoisie les spectacles les plus incongrus.
Olivier Marre, The Observer (extraits), Londres
*En français dans le texte. _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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