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Souricette Fondateur


 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1283
| Sujet: CHINE Sam 17 Nov - 21:21 | |
| Pays le plus peuplé de la planète.
Très fort taux de croissance économique.
Pays communiste, et comme tous les pays communistes :
- un pays pollueurs (un des premiers pollueurs mondiaux), - très fort clivage entre les pauvres (exploités, conditions de misère extrême) et une minorité privilégiée, - absence de libertés (y compris religieuse).
Particularité : le capitalisme et le communisme s'y mêlent l'un à l'autre.
Les Chrétiens y sont persécutés (un peu moins depuis 30 ans). Il existe une Eglise clandestine et une Eglise officielle. Les relations entre Rome et Pékin sont tendues.
Le pape vient de publier une Lettre aux catholiques chinois. Il insiste sur la nécessité d'indépendance de l'Eglise par rapport au pouvoir politique, et prône la liberté religieuse en Chine. Il élargit le débat au-delà du simple cadre de la Chine, abordant la structure de l'Eglise, le rôle de l'évêque, etc. _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
Dernière édition par Souricette le Jeu 19 Juin - 9:27, édité 2 fois |
|  | | Souricette Fondateur


 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1283
| Sujet: Re: CHINE Sam 17 Nov - 21:22 | |
| Le Groupe de Shangaï par François-Georges Dreyfus
0n peut être un grand hebdomadaire, consacrer la moitié de son numéro à la Chine sans parler du « Groupe de Shanghai ». C'est là une grave erreur. En moins de vingt ans, la Chine est devenue une très grande puissance, la seconde du monde après les États-Unis, avec un PIB de près de 7000 milliards de dollars (France 170, États-Unis 11000). Elle a une population de 1,3 milliard d'habitants (plus de vingt fois la France). Ce rôle de grande puissance, la Chine l'a tenu en Asie depuis la plus haute antiquité et cela a duré jusqu'au XIXe siècle. À la différence du Japon, la Chine n'a pas su alors prendre le tournant de la modernité et les grandes puissances, Grande Bretagne, France, puis États-Unis et Japon vont tenter sinon de la dépasser, du moins de l'exploiter par le biais de leurs concessions à Canton, Shanghai, Tien Tsin. Meurtrie de manière dramatique par l'occupation japonaise et la guerre de 1937 à 1945, elle connut trente-cinq années de dictature maoïste aux terribles conséquences humaines.
Depuis la mort de Mao, la Chine s'est transformée : elle est devenue la puissance économique que l'on sait et elle est également redevenue une grande puissance politique. Le vrai " Grand bond en avant ", pour reprendre la formule maoïste, s'est déroulé ces vingt-cinq dernières années. La Chine s'est urbanisée : 40 % de la population est en ville, plus de cent cinquante agglomérations comptent plus d'un million d'habitants. Les infrastructures suivent avec, depuis 2000, près de 250000 km de routes et autoroutes construits, des dizaines de ports et aéroports ont été installés, des voies ferrées transcontinentales mises en place, de Pékin vers Lhassa ou vers le Kazakhstan.
Rapprochement de la Chine avec la Russie
Tout cela implique de nouvelles usines, ce qui entraîne des besoins de plus en plus importants en énergie. Même si la production chinoise en charbon est une des premières du monde et si elle possède quelques puits de pétrole, la Chine devient une des premières importatrices d'hydrocarbures. Elle cherche donc à jouer un rôle tant économique que politique au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique latine.
Très vite après l'implosion du régime soviétique, la Chine s'est sentie encerclée par l'Inde, le Japon, la Russie et au-delà, par les États-Unis alliés de Taiwan, territoire chinois jusqu'en 1895, conquis par le Japon et indépendant de fait depuis 1948. De surcroît, les États-Unis disposent de forces militaires importantes en Corée du Sud et au Japon.
La Chine a donc cherché à sortir de cette situation et à se protéger. Parmi ses voisins, il y a les Républiques (ex-soviétiques) d'Asie centrale. S'appuyant sur la province du Xinjiang, la Chine a réussi à renforcer ses positions en Asie centrale. Le Xinjiang, s'appelait jadis le Turkestan chinois et la majorité de cette province (les Ouïgours, 20 millions d'habitants sur 1 million de km2) est en majorité turque et musulmane. Elle est ethniquement et linguistiquement très proche de l'Asie ex-soviétique. Aussi en 1996, la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Tadjikistan ont constitué un groupe qui se réunit régulièrement afin de favoriser le développement économique et les bonnes relations entres les États, mais aussi pour lutter contre les trafiquants, les islamistes et les terroristes, et de préparer une collaboration militaire.
Une série d'émeutes au Xinjiang en 1997 ont incité les Chinois à se rapprocher davantage des États d'Asie centrale. L'Ouzbékistan intègre l'ensemble qui, en 2001, devient officiellement le « groupe de Shanghai ». Celui-ci s'élargit ensuite à l'Inde et à l'Iran. On a affaire en quelque sorte à une véritable organisation militaire, économique et diplomatique. Cela contribue à expliquer les bonnes relations entre Pékin, Moscou et Téhéran. L'Iran est aidé industriellement (y compris en ce qui concerne le nucléaire) et militairement par la Chine et la Russie: de son côté, l'Iran fournit à la Chine plus du tiers de ses besoins en pétrole.
La Chine, puissance prépondérante
La puissance chinoise est sans doute prépondérante dans le groupe : il ne s'appelle pas pour rien « Groupe de Shanghai »; surtout son économie devient très puissante et ne produit pas seulement des objets de seconde qualité, mais aussi des produits de haute technologie. De surcroît, elle est infiniment plus riche que l'Inde et très proche de la Russie. Son PIB par habitant est de 6000 dollars (Russie 7500, Inde 4000, Iran 7000). La Chine enfin a souhaité renforcer ses liens avec l'Asie centrale: une ligne de chemin de fer relie désormais la Chine au Kazakhstan (voie ferrée géo-stratégiquement infiniment plus importante que le Pékin-Lhassa, mais on n'en a guère parlé) et un oléoduc reliant les gisements pétrolifères du Kazakhstan à la Chine se met en place. Il est vrai que les Chinois contrôlent l'importante compagnie pétrolière présente au Kazakhstan. Simultanément, de nombreux paysans chinois s'installent en Sibérie. Par ailleurs, la Chine ne cache guère ses ambitions en direction de Taiwan, en direction aussi de la Mer de Chine dont elle estime qu'elle doit être sous contrôle. Il est vrai que les archipels de cette région (Persels et Spratly) sont riches en pétrole !
Par ailleurs, les liens commerciaux entre la Chine et l'Inde se renforcent de jour en jour. Or l'Inde connaît, elle aussi, un essor prodigieux. Elle est en passe de devenir une vraie puissance mondiale. Ses liens avec la Chine pourraient contribuer dans les années à venir à la création d'un ensemble économique de première grandeur, qui dépassera largement la position américaine. Face à cette situation, devra se créer un véritable ensemble économique européen qui reste à construire sur d'autres bases que celles de l'actuelle soi-disant Union! En attendant le Groupe de Shanghai tend à se constituer comme un ensemble incontournable et joue dès à présent un rôle majeur dans les relations internationales. Les affaires iranienne et nord-coréenne le démontrent amplement. _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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|  | | Souricette Fondateur


 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1283
| Sujet: Re: CHINE Mar 17 Juin - 20:22 | |
| Les Chinois sont communistes, ce qui leur assure l'amitié poutinesque.
Les Chinois sont capitalistes, ce qui leur assure la bienveillance de l'Occident.
Bref, un mélange réussi de totalitarisme à la fois communiste et libéral, sous les applaudissements généraux.
 _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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|  | | Souricette Fondateur


 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1283
| Sujet: Re: CHINE Mer 18 Juin - 12:44 | |
| _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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|  | | Souricette Fondateur


 Age : 36 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 1283
| Sujet: Re: CHINE Jeu 19 Juin - 9:30 | |
| Les limites politiques du TNP : les ambiguïtés chinoises
Traité fondé sur un engagement réciproque des EDAN vis-à-vis des ENDAN, l’application du TNP est, dans la pratique, contrôlée par le Conseil de Sécurité de l’ONU (CSONU). C’est véritablement cette instance qui apprécie les rapports de l’AIEA, qui est saisie en cas de crise, - notamment lorsqu’un état invoque l’article 10 - , et qui prend les mesures « appropriées ». Au sein du CSONU, les cinq membres permanents qui ont droit de veto, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et la France, ont tous la particularité d’être puissances nucléaires. Cette situation consacre en cela le rôle et la responsabilité particulière des états nucléaires dans la sécurité mondiale. Compte-tenu des rapports de puissance entre ces nations, il est difficile de concevoir qu’il puisse régner au sein de cette instance un véritable « état de droit » dans le domaine nucléaire en faisant abstraction des intérêts qui s’y expriment. Avec les possibilités de blocage offertes par le droit de veto, la mise en œuvre de sanctions à l’encontre d’un pays proliférateur devient rapidement difficile - voire impossible – surtout lorsque ces sanctions affaiblissent un allié direct ou mettent en lumière les pratiques proliférantes d’un membres. La période de la guerre froide jusqu’à l’effondrement soviétique en 1989 a ainsi été marquée par un jeu de puissance qui a très clairement limité les ambitions du TNP. Il a été et il est encore très difficile d’obtenir du conseil de sécurité des résolutions fortes contre un état proliférateur et encore plus contre un état proliférant membre du TNP.
A ce titre, le cas de la Chine illustre parfaitement l’ambivalence possible dans la lutte contre la prolifération. D’un côté la Chine, qui a rejoint le TNP en 1992, se fait officiellement la promotrice du désarmement et de la lutte contre la prolifération à travers une attitude très déclaratoire . Mais de l’autre, il est clair qu’elle a discrètement mené des activités contraires à cette position, y compris dans un passé récent.
La position chinoise vis-à-vis de la Corée du Nord, illustre également très bien cette ambivalence. Les bases technologiques du programme militaire de Pyongyang ont en effet très probablement été fournies par Pékin avec une aide possible de l’URSS. Plusieurs documents du Département d’Etat américain font état de pressions discrètes de Washington sur Pékin dès 1984 – avant que Chine se rallie au TNP - pour empêcher l’acquisition par Pyongyang de matériels « sensibles[xvi] ». Après la signature chinoise du TNP en 1992, le soutien direct de la Corée du Nord par la Chine semble avoir cessé, en revanche, l’assistance au contournement des dispositifs occidentaux de contrôle des exportations semble bien s’être poursuivie, comme l’atteste l’arraisonnement en avril 2003 d’un navire, provenant d’Allemagne et à destination de la Chine, transportant des tubes d’aluminium en fait destinés au programme d’enrichissement Nord Coréen.
Sur le plan diplomatique, la Chine joue actuellement un rôle de premier plan vis à vis de la dictature Nord-Coréenne en animant la mission de bons offices des « Six Party Talks » destinés à renouer les fils du dialogue rompu après la crise de 2002. Grâce à la proximité des deux pays depuis l’épisode de la guerre de Corée, Pékin peut aujourd’hui jouer de sa familiarité avec Pyongyang pour s’ériger en partenaire incontournable de la crise nucléaire coréenne. L’efficacité de cette mission reste cependant très limitée si on en juge par le peu d’avancées enregistrées par ce forum. Therèse Delpech[xvii] explique l’attitude chinoise par la volonté de Pékin d’utiliser la question nucléaire coréenne comme moyen de négociation politique vis à vis des américains, notamment au sujet de la question taiwanaise. En fait d’une manière générale, Pékin a beaucoup de mal à renoncer à des alliances avec des pays fortement marginalisés et peu contrôlables mais susceptibles de gêner l’action des Etats-Unis où que ce soit.
L’ambiguïté du rôle de la Chine dans la lutte contre la prolifération révèle ainsi assez nettement les limites politiques du TNP : quelle est la valeur intrinsèque d’un traité quand un signataire influent le contourne et verrouille les éventuelles sanctions qui pourraient être prises pour face à cette attitude ? Le bilan de la prolifération en Asie est à cet égard assez préoccupant.
diploweb.com _________________ Je chante clair pour qu'il fasse clair. (E. Rostand, Chantecler)
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