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LE TIBET

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Souricette
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MessageSujet: LE TIBET   Mar 17 Juin - 13:35

Profitant de la proximité des Jeux olympiques de Pékin de 2008, les Tibétains ont manifesté pour attirer l'attention du monde sur leurs problèmes liés à la politique chinoise au Tibet. Le monde occidental s'est alors souvenu tout d'un coup qu'entre la Chine et l'Inde existait un territoire de hauts Plateaux autour de 4000 mètres d'altitude, peuplé de moines et de paysans, contrôlé par la Chine qui, chaque année, renforce sa présence et ses prétentions. Les médias, puis, à leur suite. les politiques se sont engouffrés dans cette affaire, sans penser aux conséquences et ont émis un certain nombre d'affirmations qui ne sont pas toujours exactes.

On a, par exemple, oublié que le Tibet est, dès le Moyen Age, sous contrôle chinois. Depuis 1241, les Mongols occupent la région que les Ming leur enlèvent au XVIe siècle; depuis lors, leTibet est sous contrôle chinois. Bien plus : en 1907, les Britanniques qui ont tenté de s'y implanter doivent reconnaître la "suzeraineté" de la Chine sur le Tibet. De 1925 à 1950, au cours des conflits qui secouent la Chine, la région est plus ou moins livrée à elle-même mais dès 1950, le République populaire de Chine s'installe au Tibet, ce que confirme le traité de Pékin du 23 mai 1951, reconnaissant les droits de la Chine sur le Tibet.

Incontestablement, 1950 marque le début d'une nouvelle période. De 1720, installation de l'armée mandchoue à Lhassa, jusqu'en 1950, la suzeraineté chinoise est très lâche. Le pouvoir impérial est faible et le Tibet comme la plupart des provinces chinoises jouit d'une large autonomie. À partir de 1950, le pouvoir est centralisateur et le régime fondé sur le mao-marxisme est totalitaire: ce sera le temps de la Révolution culturelle, la lutte contre la religion et la destruction de nombreux temples et monastères. Dès lors, l'autonomie du Tibet disparaît et l'on assiste à une répression systématique des bouddhistes. Le Dalaï-Lama s'exile en Inde et, à Pékin, on considère comme « sécessionniste » l'action des moines bouddhistes. Simultanément débute le processus de « sinisation » du Tibet. Des centaines de milliers de chinois y sont installés par Pékin et ce processus s'accélère avec la mise en service de la voie ferrée reliant Pékin à Lhassa.


Le peuple tibétain se sent rejeté et exilé sur son propre territoire. Déjà en mars 1959 de violents combats avaient opposé les Tibétains et les Chinois. Ce soulèvement est réprimé avec une violence inouïe; le Dalaï-Lama s'exile et le nord du Tibet est découpé administrativement entre le Yunnan, le Sichuan et le Xinjiang. Le Xinjiang, lui, demeure théoriquement autonome, mais la politique de sinisation limite peu à peu les degrés de l'autonomie et l'on assiste à une nouvelle série de manifestations en 1989: on compte plus de 400 morts, le régime chinois est sans pitié.

Le Tibet présente un intérêt géopolitique évident. Stratégiquement, il peut faciliter l'expansion chinoise vers le Pakistan, l'Inde et la Birmanie. Que les Chinois refusent l'indépendance d'une région liée à eux depuis des siècles se comprend parfaitement. Géographiquement, le Tibet est un château d'eau. Prennent leur source au Tibet l'Indus, le Gange, le Brahmapoutre, le Mékong, le Yang Tsé. En un temps où apparaissent les maxi-barrages, il est évident que le contrôle du château d'eau tibétain est essentiel.

Politiquement, on l'oublie un peu facilement, le régime chinois est un système totalitaire où l'économie se libéralise certes, mais, comme le IIIe Reich, c'est un État totalitaire. Il tolère donc mal les libertés qu'autorise un régime d'autonomie d'inspiration religieuse car cela pourrait servir de précédent aux Ouïgours (musulmans) du Xinjiang, d'autant que ces derniers risqueraient d'être soutenus par les républiques-sœurs, turcophones et musulmanes, d'Asie centrale. De surcroît le maomarxisme est antireligieux et admet difficilement le système tibétain où le pouvoir est partagé entre des « prêtres » et des moines. Le régime tibétain n'est pas une « démocratie » (dixit L'Express) mais une théocratie bouddhiste où le pouvoir appartient aux lamas, le Dalai-Lama étant le chef suprême car il est l'Immensément sage.

Économiquement, le Tibet recèle nombre de potentialités minières, en particulier cuivre et uranium, dont les réserves sont importantes. De plus, les steppes d'altitude élevée peuvent devenir des régions à agriculture et élevage extensif et, par conséquent, une possibilité d'activités pour la Chine surpeuplée. Or le Tibet est à peine peuplé et il n'est pas développé: la région autonome fait deux fois la France pour une population estimée à 2,4 millions d'habitants. Ce que l'on appelle Tibet historique, partagé en trois régions chinoises, est occupé par 2,5 à 3 millions d'habitants. Il y a donc 5 millions de Tibétains.


Pour toutes ces raisons, on voit mal la Chine reconnaître une autonomie très large aux Tibétains. En face de toutes ces réalités matérielles, existe évidemment la réalité humaine et spirituelle. Il y a incontestablement une culture tibétaine fondée sur le bouddhisme lamaïque. C'est aux yeux des Occidentaux une religion qui par la méditation, la lecture des écritures bouddhiques et la prière veut allier la tradition et les techniques modernes et conduire à la paix, ce qui ne ressemble guère au bouddhisme tibétain tel que le rapportent les voyageurs ou les missionnaires européens jusqu'en 1950. Pour eux, les Tibétains sont un peuple « cruel et sanguinaire ». Ce n'est qu'après 1959 que, à la suite de la mainmise chinoise, le Tibet est devenu « un pays gentil »!

En réalité, les manifestations actuelles sont bien davantage liées au totalitarisme chinois qu'à la situation du Tibet qui n'est qu'un prétexte, même si ce que subissent les Tibétains est réellement tragique. Dans une certaine mesure l'affaire tibétaine s'est substituée, dans les médias, aux problèmes du Darfour. De surcroît, comme au Kosovo d'ailleurs, on constate combien l'ethnocentrisme tient de place dans les réflexions actuelles de certains; mais si on plaint Tibétains ou Kosovars, on se désintéresse des Noirs du Darfour, des Indiens des Andes ou des Moldaves victimes des ambitions roumaines, russes ou ukrainiennes.

[...]


par François-Georges Dreyfus
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MessageSujet: Re: LE TIBET   Mar 17 Juin - 18:00

Bref... Le Tibet n'était pas le paradis sur Terre avant l'invasion chinoise, mais avait ses propres problèmes. Cela ne justifie pas la façon dont la Chine gère le Tibet.
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MessageSujet: Re: LE TIBET   Mar 17 Juin - 20:20

Non, et elle ne gère guère mieux les Chinois eux-mêmes. Les Occidentaux se scandalisent du sort des Tibétains tout en continuant de faire des ronds de jambe et des ponts d'or à la Chine.
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MessageSujet: Re: LE TIBET   Mar 24 Juin - 0:38

Quoi qu'il en soit, le Tibet n'était pas le seul pays où le bouddhisme était la religion dominante, et donc le bouddhisme ne devrait pas être jugé sur un seul exemple. :vole:
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MessageSujet: Re: LE TIBET   Mar 24 Juin - 15:55

C'est plutôt la chine que le boudhisme, qui est dénoncé dans l'article...
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MessageSujet: Re: LE TIBET   Mer 13 Aoû - 19:54

La France boude le dalaï-lama

Le chef temporel et spirituel tibétain se trouve en France pour une visite de douze jours, mais les autorités françaises font de leur mieux pour que cette présence passe inaperçue. Le Soir de Bruxelles regrette que Paris ait cédé à la pression chinoise.

La visite est hautement symbolique, mais elle prend un tour presque clandestin. Le dalaï-lama est arrivé lundi 11 août en France pour une visite de douze jours, dont le temps fort est un rendez-vous manqué : le chef temporel et spirituel tibétain ne rencontrera pas le président français – afin d'épargner les susceptibilités de Pékin pendant les Jeux olympiques. Leur rencontre a donc été "reportée" mais aura lieu "avant la fin de l'année".

Le dalaï-lama est arrivé en toute discrétion, à 6 heures du matin à Roissy, où l'ont accueilli les membres de sa communauté religieuse. Son agenda compte un seul rendez-vous politique : il sera reçu mercredi 13 août au Sénat, à huis clos [la presse n'est pas admise], dans le bureau d'un parlementaire, où il doit rencontrer les députés et sénateurs membres du groupe Tibet. "Le Sénat et l'Assemblée ont reçu en grande pompe Mme Betancourt et on fait passer le dalaï-lama par la cave !", s'indigne le député UMP Lionel Luca, président du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale. De son côté, Sarkozy envoie son arme de communication, son épouse Carla, qui accompagnera le chef spirituel tibétain le 22 août, lors de l'inauguration d'un temple dans l'Hérault. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, pourrait faire une apparition à leurs côtés.

Au cours des douze derniers mois, le dalaï-lama a été reçu par le président américain George Bush, par la chancelière allemande Angela Merkel et par le Premier ministre britannique Gordon Brown. Un palmarès qui accentue le contraste avec l'attitude des autorités françaises.

Pourtant, lorsque l'ambassadeur de Chine à Paris avait déclaré qu'une rencontre entre le dalaï-lama et Nicolas Sarkozy aurait des "conséquences graves" sur les relations franco-chinoises, le président avait répondu : "Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda et mes rendez-vous." Ses atermoiements sur sa présence à l'ouverture des JO et le parcours chahuté de la flamme olympique à Paris ont eu raison de sa liberté de choix quant à cet "agenda".

La visite du dalaï-lama sera donc religieuse, dans un pays où le bouddhisme est considéré comme la quatrième religion, avec 600 000 pratiquants – dont les trois quarts sont d'origine asiatique – et plus d'un million de sympathisants.

Charline Vanhoenacker
Le Soir
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