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SAINT ROBERT

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Souricette
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MessageSujet: SAINT ROBERT   Jeu 19 Juin - 10:22

Un signe merveilleux précéda lie naissance de Robert. Ermengarde, sa mère, vit en songe la Sainte Vierge, qui lui offrit une bague d'or en disant : " Je veux pour fiancé le fils qui va te naître; voici l'anneau du contrat. "

A 15 ans, le fiancé de Marie se fit Bénédictin, près de Troyes. Il montra une telle ferveur au service de Dieu que les moines, ses frères, le nommèrent prieur presque au sortir de son noviciat.

Or, il y avait dans une forêt voisine du monastère, appelée la forêt de Colan, de pieux ermites qui vinrent trouver Robert et le pressèrent de se joindre à eux. Ils allèrent même jusqu'à présenter une requête au Pape Alexandre II, qui ordonna au jeune prieur bénédictin d'aller les diriger.

Avec ses nouveaux religieux, au nombre de 13, Robert partit pour la forêt de Molesmes, et là, sur le penchant d'une colline, il construisit avec des troncs d'arbres et des branches entrelacées un oratoire et des cellules à l'entour.

Ce pauvre monastère, image de Bethléem, fut dédié à la Vierge le dimanche 20 décembre 1075.

Robert en fut Abbé et il y établit la Règle de saint Benoît.

Par son exemple, il aidait ses fils spirituels à supporter le poids du travail et des austérités. Et ses fils, joyeux, rivalisaient de bonne volonté à qui serait le plus doux, le plus humble, le plus obéissant et le plus silencieux.

Très pauvres au début, les moines s'enrichirent peu à peu, grâce aux dons que leur firent des seigneurs du voisinage. Ils perdirent en bonne partie leur esprit de piété. Alors, Robert les quitta et s'en fut vivre dans les bois.

Cependant, un certain nombre des religieux reconnurent leur péché. 21 d'entre eux suivirent leur chef, qui descendit au Midi. C'est à quatre lieues de Dijon qu'une voix mystérieuse dit à Robert : Siste hic (arrête ici), d'où le nom de Cîteaux.

Cîteaux, succédant à Molesmes, devint le berceau d'une nombreuse famille religieuse.

On raconte ce trait de vertu, qui eut lieu quelques années plus tard :

Deux pauvres hères vinrent demander l'aumône à la porte de l'abbaye. Saint Robert les reçut avec respect et appela aussitôt le Frère cellérier, afin qu'il leur donnât de quoi manger.

— Il n'y a plus de pain dans tout le monastère, répondit le moine d'un air affligé.

— Que servirez-vous donc au dîner des Frères ? repartit le Bienheureux.

Embarrassé par cette observation, le cellérier fit un geste évasif et dit qu'il n'en savait rien. Force fut donc de renvoyer les pauvres les mains vides.

A l'heure du dîner, Robert aperçut des pains sur la table et, les indiquant du regard au cellérier :

— Frère, lui dit-il, où les avez-vous eus ?

— Je les avais mis en réserve pour les religieux.

A ces mots, l'homme de Dieu sentit la douleur et l'indignation jaillir dans son âme. Il prit la corbeille, ramassa tous les pains et les jeta dans la rivière.

Dieu, pour récompenser cette action héroïque, envoya par un riche châtelain des vivres au monastère.

Saint Robert mourut le 21 mars 1110.
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Je chante clair pour qu'il fasse clair.
(E. Rostand, Chantecler)
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